Don à un inconnu ... devenu un frère

Témoignages 9

 

La visite rendue en dialyse à un collègue ami m’a fait peur : comment vivrais-je trois jours par semaine à l’hôpital, moi qui ai toujours besoin de bouger ? Seize mois plus tard, je faisais don d’un rein.

Non pas à cet ami, mais à son voisin de dialyse.

Les éléments déclencheurs de cette décision : - l’interpellation de mon collègue : « sais-tu que quelqu’un en bonne santé peut donner un rein de son vivant ? »

La générosité  d’un jeune travailleur qui dépanne un père de famille au chômage, dont l’épouse venait de le quitter, en lui cédant sa place de travail.

Le temps de discernement est nourri  de lectures, de recherche sur le Net, de rencontres de donneurs.

Après l’annonce à mon ami que je suis donneur, c’est le moment des examens médicaux pour remplir les différents critères de compatibilité. Tout est ok. Mais nous sommes deux donneurs potentiels et la faculté choisit le frère de mon ami. Pour moi, ce n’est pas un soulagement. J’étais prêt à offrir un rein, ce qui fut fait cinq mois plus tard, le 28 février 2011.

Le receveur que j’ai connu trois mois avant la transplantation bien qu’il n’habite qu’à 100 m de mon domicile, va très bien. C’est sa seconde greffe. Notre relation est une relation plus qu’amicale, fraternelle, sans dépendance, avec une reconnaissance toute naturelle.

Après trois mois, malgré mes 67 ans, j’ai retrouvé mon physique sportif d’avant. En plus, je vis avec un sentiment d’ouverture aux autres. J’ai dit oui à un ami. J’ai donné mon rein à quelqu’un d’autre qui ne demandait rien. Ce geste m’épanouit encore plus. Il marquera sereinement la dernière étape de ma vie.

PR