La transplantation hépatique dite «donneur vivant»

Source des informations suivants: SERVICE DE TRANSPLANTATION, HÔPITAUX UNIVERSITAIRES GENÈVE


La transplantation hépatique dite « donneur vivant » a émergé dans les dernières décennies comme une option thérapeutique alternative pour les patients présentant une maladie hépatique au stade terminal. Les principales indications à un tel geste sont la cirrhose ou le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie), ces derniers sont souvent imputables à un ou plusieurs des éléments suivants: l'abus d'alcool au long cours, ainsi que l'hépatite C et l'hépatite B non traitées et ceci après plusieurs décennies d'évolution. Le concept de la transplantation hépatique « donneur vivant » a émergé en réponse à la pénurie généralisée de foies de donneurs décédés, et s'est révélée possible grâce à la remarquable capacité de régénération que possède le foie humain. Durant cette opération, un morceau de foie sain est prélevé sur une personne vivante et transplanté au receveur après que le foie malade ait été enlevé.

Historiquement, la transplantation hépatique «donneur vivant» fut en premier lieu l'alternative pour les d'enfants atteints d'une maladie hépatique grave. Elle permit à l'un des deux parents d'offrir une partie de son foie à son enfant, permettant ainsi d'éviter les complications dramatiques survenant durant l'attente d'un organe disponible.

La première transplantation hépatique «donneur vivant» a été réalisée avec succès par le Dr Christoph Broelsch, au Centre Universitaire de Chicago en novembre 1989, lorsqu'une fillette de 2 ans, Alyssa Smith, a reçu une partie du foie de sa mère. Plus tard, la transplantation hépatique «donneur vivant» s'est révélée possible également d'adultes à adultes, et est maintenant pratiquée dans quelques grands centres universitaires. Elle est considéré comme techniquement plus exigeante que la transplantation d'un foie de donneur décédé et pose également des problèmes éthiques inhérents à la réalisation d'une opération chirurgicale majeure (hépatectomie) sur un être humain en bonne santé.

Dans une étude récente, le risque de complications chez le donneur vivant est d'environ 10%, cependant, une seconde opération n'est qu'exceptionellement nécessaire. Les complications courantes sont les fistules biliaires, la stase gastrique et les infections postopératoires. Elles sont plus fréquentes si l'on prélève le lobe droit du foie. Le décès après la transplantation hépatique «donneur vivant» est actuellement de moins de 1% (0% au Japon et 0,3% aux USA).

Habituellement, il est possible de prélever 55 à 70% du foie (le lobe droit) d'une personne en bonne santé sans risquer de complications majeures. Après l'intervention, le foie du donneur se régénère rapidement, si bien que sa fonction redevient normale dans les semaines qui suivent. Le foie retrouve sa taille initiale en quelques mois. Le retour à une taille et fonction normale mettra plus de temps chez le receveur.

Les donneurs vivants sont exposés à des risques et complications éventuelles après l'opération. Par exemple, des caillots de sang peuvent se former dans les voies biliaires et provoquer un ictère (jaunisse). Cependant, ces complications sont traitables sans nécessiter une ré-intervention. Bien qu'il existe un risque de mortalité pour le donneur, celui-ci reste très faible, voire inexistant dans certains centres.

EXIGENCES POUR ÊTRE CANDIDAT AU DON DU FOIE

Tout membre de la famille, parent, frère ou sœur, enfant, ou conjoint peut faire don de son foie. Les critères d'un don du foie comprennent:

  • Être en bonne santé

  • Avoir un groupe sanguin qui correspond ou est compatible avec le receveur (compatibilité ABO)

  • Avoir le désir de bienfaisance par le don, ceci sans motivation financière

  • Avoir entre 18 et 60 ans

  • Être de même poids/taille ou plus que le bénéficiaire

Avant de devenir donneur, toute une série de test est effectuée. Un scanner ou une IRM permettent d'obtenir une image précise du foie du receveur. Dans la plupart des cas, ces examens prennent entre deux et trois semaines. Les frais des examens pré- et post-opératoires ainsi que l'opération elle-même sont intégralement pris en charge par l'assurance maladie du receveur.

COMPLICATIONS

Très peu de personnes nécessitent une transfusion sanguine pendant ou après la chirurgie. Même si cette intervention est très sûre, tous les donneurs potentiels devraient connaître le risque de décès qui est de 0 à 0.5%. Les autres risques de don du foie, sont notamment les saignements, les infections, une incision douloureuse, la possibilité de formation de thrombose dans les vaisseaux anastomosés et une longue convalescence. La grande majorité des donneurs récupèrent complètement et durablement de l'opération dans les deux à trois mois.

TRANSPLANTATION HÉPATIQUE PÉDIATRIQUE

Chez les enfants, la transplantation du foie «donneur vivant» est également une pratique acceptée par l'ensemble de la communauté scientifique. Cette possibilité qu'ont les parents qui veulent faire don d'une partie de leur foie à leurs enfants ou nourrissons malades a considérablement réduit le nombre d'enfants qui seraient décédés en attente d'une greffe. Avoir un parent en tant que donneur a aussi rendu cette intervention beaucoup plus facile à supporter pour les enfants et leurs parents, ceci grâce au fait que les deux patients sont dans le même hôpital, ce qui contribue à stimuler le moral des uns et des autres.

AVANTAGES

Les avantages de la transplantation hépatique « donneur vivant » sur la transplantation avec « donneur décédé » sont:

  • La greffe peut être faite de manière élective

  • Il y a un moins de complications et de décès (car on évite ceux qui surviennent pendant l'attente d'un organe de donneur décédé)

  • La qualité de préservation de l'organe est optimale (le temps de transport du donneur au receveur est très court)

  • La réaction de rejet peut être diminuée (en cas de parenté directe)

  • Sélection des donneurs

La majorité des centres de transplantation hépatique affiche d'excellents résultats sur la survie des patients à long terme. Le don vivant d'un organe est une approche multidisciplinaire. Tous les donneurs de foie doivent subir une évaluation médicale complète. Dans le Service de Chirurgie Viscérale et Transplantation des Hôpitaux Universitaires de Genève, il existe une équipe médico-soignante spécialisée en transplantation qui est à même de donner des informations spécifiques sur l'intervention et de répondre aux questions que les familles peuvent avoir. Le processus d'évaluation du donneur est strictement confidentiel, même vis-à-vis du receveur. Tous les efforts sont faits pour s'assurer que le don d'organes ne se fait pas par la contrainte d'autres membres de la famille. L'équipe de transplantation fournit à la fois au donneur et au receveur, ainsi qu'aux membres leur famille, les conseils approfondi et le soutien nécessaire tout au long du processus de guérison.